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De Tomar à l'Europe — l'histoire vraie d'OnBouge, racontée par son fondateur Humberto Pereira.

La maison du n°38 — Tomar (quartier 25 de Abril, ex-Bairro Salazar), où je suis né.

L'entrée d'Assamassa.

Une ruelle d'Assamassa.

La chapelle du village.

Le vieux puits.

Rua Nossa Senhora da Piedade — Tomar.
Je suis né à Tomar, au cœur du Portugal, dans une petite maison d'un quartier qui s'appelait alors le « Bairro Salazar ». Aujourd'hui, ce même quartier porte un autre nom : « 25 de Abril » — le jour où le Portugal a retrouvé la liberté.
Je porte le prénom d'un autre Humberto : le général Delgado, « le général sans peur », qui paya de sa vie son combat contre la dictature. Des années plus tard, je lui consacrerais tout un travail. Mais ce goût-là — rendre leur place aux gens ordinaires — était peut-être déjà là, dans ce quartier qui a changé de nom.
Extrait. La chanson rend hommage au « général sans peur ».
Mes racines plongent un peu plus loin, dans le village d'Assamassa, où ma grand-mère est née et a passé toute sa vie, dans la maison de mon grand-père Zé Álho, sur la Travessa dos Temperos.
En 1990, avant même de me lancer pour de bon, j'ai eu une idée : un journal gratuit de quartier, pour relier les habitants et les commerces du coin. Ça n'a pas marché.
Mais regardez bien : gratuit, local, relier les gens et les boutiques d'à côté… c'était déjà OnBouge, avec trente-cinq ans d'avance. La même année, je créais mon entreprise de déménagement.
C'est à Pacy-sur-Eure, entre 2004 et 2005, que tout commence vraiment. Ma route croise celle de Laurent — un vrai « zèbre », un esprit en avance sur son temps. Avec Yann, sorti comme lui du jeu vidéo, ils faisaient tourner une petite société d'images 3D, Kiendo.
Notre idée : une ville en 3D dans laquelle on se promène — et en s'approchant d'une boutique, on entre dans le site du commerçant. La vie locale non pas listée, mais parcourue. C'était bien avant Google Maps.
J'arrive pour tenter de leur apporter du chiffre d'affaires : je vends quelques sites, mais pas assez pour faire vivre l'aventure. Au bout d'un temps, chacun reprend sa route : eux la leur, moi la mienne. Mais l'idée, elle, ne m'a jamais quittée.
Vingt ans plus tard, elle existe. En version bêta, construite bâtiment par bâtiment à partir de données réelles — et la première ville qu'on survole, c'est Pacy-sur-Eure. La même. 🛸 Survoler Pacy-sur-Eure en 3D · décoller →
Avec Yann, sorti comme lui du jeu vidéo, ils faisaient tourner une petite société d'images 3D, Kiendo, dans une phase compliquée. J'arrive pour tenter de leur apporter du chiffre d'affaires : je vends quelques sites, mais pas assez pour faire vivre l'aventure. Au bout d'un temps, chacun reprend sa route : eux la leur, moi la mienne.
Le temps passe. Google sort Google Maps — l'idée que Laurent portait, le monde la découvre par un géant. Moi, je retourne à ce que je sais faire : le déménagement. Un métier exigeant, très saisonnier, qui reprend toute la place.
Vient un moment où je décide que la communication d'entreprise est ma voie. Dans le cadre du programme « Entreprendre en petite entreprise » au CNAM, le projet que je présente devant le jury, c'est déjà celui-ci : des présentoirs de cartes de visite dynamiques, où chacun repart avec la carte d'un pro local — « PRO en VUE, les vitrines des pros ».
Le projet démarre. Mais créer le site web, à l'époque, coûte trop cher. Quelques présentoirs sont installés — gratuitement. Et puis le déménagement me rappelle. J'y reste.
Le temps passe et l'idée reste. Sous la marque PROenVUE, je poursuis la communication et le déménagement, en France comme au Portugal.
Le nom onbouge.com, lui, était pris — il me faudra des années pour l'obtenir.
J'adore écrire. Mais on a tellement critiqué mon orthographe qu'à un moment donné, je ne pouvais plus écrire du tout. Vraiment plus.
Ce qui m'a ouvert les yeux, c'est un formateur qui avait le même problème et devait écrire au tableau devant sa classe. En début d'année, il y notait toutes les lettres de l'alphabet, tous les accents — toute la matière première d'une faute. Puis il prévenait ses élèves : à un moment donné, j'en mettrai une de trop, à vous de la trouver.
Il n'a pas caché ses fautes. Il les a annoncées avant de les faire. La honte n'a plus eu de prise : la faute était devenue un jeu.
Je m'en suis sorti autrement. Mais c'est en comprenant ça que j'ai recommencé à écrire — et à passer par-dessus les critiques, toutes les critiques que j'ai eues.
C'est aussi pour ça qu'ici, personne n'a à bien écrire pour avoir sa place.
En 2025, tout devient possible. Avec les nouvelles technologies, l'intelligence artificielle, et toutes ces idées mûries pendant près de quinze ans, je reprends le projet — avec mes propres moyens. Après environ huit mois de travail intensif, le résultat est là : OnBouge.
OnBouge est né d'un ras-le-bol : celui des comparateurs qui revendent vos coordonnées et mettent les artisans en concurrence sauvage. J'ai voulu l'inverse.
Chaque commune a sa page : commerces de confiance, agenda, vie pratique, et une aquarelle peinte rien que pour elle. Pour les habitants, tout est gratuit. Pour les commerçants, c'est un club juste : une demande = un seul partenaire, des coordonnées jamais revendues, un prix honnête. Et 1 % des bénéfices va à l'association Élan-Entreprendre.
Aujourd'hui, le siège d'OnBouge est là où tout a commencé : Travessa dos Temperos, à Assamassa, dans la maison de mon grand-père. Du Bairro 25 de Abril jusqu'à toute l'Europe, la boucle est bouclée. Et l'hirondelle Palmi, notre emblème, fait comme moi : elle voyage loin, mais revient toujours au nid.
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