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Orphelin du génocide arménien arrivé en France à 19 ans, Missak Manouchian devint ouvrier, poète, puis chef militaire des FTP-MOI — ces résistants étrangers que la propagande allemande placarda sur « l'Affiche rouge ». Fusillé au Mont-Valérien le 21 février 1944, il est entré au Panthéon quatre-vingts ans jour pour jour après son exécution.
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Missak Manouchian naît le 1er septembre 1906 à Adıyaman, dans l'Empire ottoman. Son père est tué pendant le génocide arménien de 1915, sa mère meurt de faim peu après. Recueillis par des orphelinats arméniens au Liban, à Jounieh, lui et son frère Karabet y apprennent la menuiserie — et, pour Missak, la poésie.
En 1925, il débarque à Marseille, puis gagne Paris. Ouvrier tourneur chez Citroën, il suit en auditeur libre des cours à la Sorbonne, apprend le français en lisant Baudelaire et Verlaine, traduit des poètes arméniens et fonde des revues littéraires. Il adhère au Parti communiste français en 1934 et rencontre Mélinée Assadourian, elle aussi rescapée du génocide, qu'il épouse en 1937.
Sous l'Occupation, il rejoint la MOI — la main-d'œuvre immigrée — et devient en 1943 le responsable militaire des FTP-MOI de la région parisienne : des Arméniens, des Juifs polonais et hongrois, des Italiens, des Espagnols, qui mènent en un an une trentaine d'attaques contre l'occupant, dont l'exécution du général SS Julius Ritter. Il est arrêté en novembre 1943.
En février 1944, la propagande allemande placarde dans toute la France « l'Affiche rouge » : dix visages étrangers, le sien au centre, sous le titre « Des libérateurs ? La libération par l'armée du crime ! ». L'affiche produit l'effet inverse de celui recherché. Le 21 février 1944, Manouchian et vingt et un de ses camarades sont fusillés au Mont-Valérien ; Olga Bancic, seule femme du groupe, sera décapitée en Allemagne. Le 21 février 2024, Missak et Mélinée Manouchian entrent au Panthéon.
« Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand. »— Missak Manouchian, dernière lettre à Mélinée, 21 février 1944
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